- C'est l'histoire d'un rendez vous manqué chez le crémier. J'étais invité à dessiner quelques planches dans un fanzine francophone avec un nom de fromage. Exercice d'orthographe française que je n'ai jamais maîtrisée; j'envoie trois pages. J'attends patiemment la présure, fin connaisseur du temps de caillage d'un fanzine... pas de nouvelle, si ce n'est une invitation à continuer l'histoire pour le numéro suivant. Je connais aussi le goût prononcé du facteur pour le courrier d'autrui quand l'enveloppe à bonne mine; je continue. Cette fois ci, je ne reçois même plus de réponse. Encore une occasion perdue de goûter un bon fromage. Six pages en français traînent pitoyablement dans mon frigidaire. Je préfère la lumière du frigo quand il est vide, alors je rallonge crême. Voici trente deux pages d'une histoire post nucléaire au final dramatique pour déguster au bord de la rivière grace à sa couverture étanche, bleue pour les francophiles, jaune pour les castillans. J'ai pris garde de changer le nom du fromage.

